Raphael Colicci

Un grand-père un peu herboriste et une cousine guérisseuse s’ajoutent aux prédispositions de Raphaël qui comprend très tôt que sa vie sera vouée à une quête du « bien-vivre » avec l’aide de ses innombrables savoirs du végétal. C’est à vingt ans que cette vocation se transforme en actes alors que le monde est distrait par la lutte contre le capital et la modernisation des techniques d’agriculture. Devenue brutalement moderne, celle-ci a le mauvais goût de peiner Raphaël dont la voix est balayée par l’enthousiasme ambiant de l’abondance nouvelle.

Mais Raphaël insiste, sa vocation d’adolescent est intacte et l’hôpital homéopathique de Londres lui tend les bras alors qu’il n’a que vingt ans. Sur place, on est fasciné par ses connaissances et ses facultés à soulager. C’est un hôpital comme il ne peut en exister qu’outre-manche, on y soigne (entre autres) : les Pink Floyd, la famille du Shah d’Iran ou encore l’illustre Sean Connery. C’est une expérience où Raphaël est rebaptisé Golden Hands et dispose de nombreux leviers thérapeutiques, il masse, prépare magistralement des remèdes et assiste aux balbutiements de thérapies expérimentales qui comptent aujourd’hui parmi les remèdes les plus prisés. Mais le confort d’une telle situation donne à Raphaël l’envie de retourner à l’air libre pour se rendre utile à d’autres fins. Il devient éducateur spécialisé à la Croix Rouge et comme Raphaël ne passe jamais inaperçu, il obtient un prix à Los Angeles pour ses innovations dans la prise en charge des handicapés et rencontre Babeth qui épouse sa cause et l’épouse tout court, avec la volonté de construire le monde selon Raphaël avec lui.

C’est décidé, Oleatherm est en instance de naître et Raphaël puise dans sa force d’Impérator romain pour cultiver l’inculte terre de Saint Privat et y façonner le monde comme il l’entend, en plantant des oliviers, beaucoup d’oliviers ! L’endroit doit absolument accueillir, protéger et soigner comme le moulin de son grand père où abondait l’huile et le secours de la nature. Le pari est réussi et l’oléothérapie a largement fait ses preuves. Chacun peut éprouver une qualité de soin conçue dans le souci de la santé holistique, qu’il s’agisse des produits élaborés par Raphaël ou du hammam en mosaïques macédoniennes, Oleatherm et l’oléothérapie montrent qu’il est possible de faire des actes justes, propres et durables.

Il faut suivre ses grandes enjambées à travers Oleatherm et l’écouter parler de son conservatoire de petites et grandes vies végétales qu’il a patiemment rassemblées et soignées. Des noms stupéfiants sont prononcés comme « le raisin-fraise », « la couille du Pape », « la pêche baron rouge », le yumi, le yuzu, et des dizaines d’autres, tous bannis de notre agriculture pour des mauvaises raisons contre lesquelles Raphaël se bat comme un lion depuis plus de quarante-cinq années.

Après vous avoir fait faire le tour du jardin d’Oleatherm, Raphaël vous conduit jusqu’à sa ruche solaire et vous parle des abeilles comme de ses voisines de pallier. Puis des
dix emplois qu’il a récemment crées pour servir cette ruralité tant chérie. Mais il faudrait un livre entier pour recenser tout ce que Raphaël a réussi…

Les yeux fixés sur le havre de bien-être qu’il a construit de ses mains, il dit : « Et si Abel le nomade avait tué Caïn le sédentaire ? Le monde aurait peut-être été partout comme ici… J’aime à penser que oui. »
Son site Web : oleatherm