Conception holistique

FORMATION : Planifier la fertilité et la gestion de l’eau
à l’échelle d’une ferme / d’un domaine agricole

Automne 2019 (dates bientôt disponibles)

La pratique de la monoculture engendre le plus souvent les conséquences suivantes : dégradation et érosion des sols (disparition de la matière organique), perte de biodiversité (naturelle et cultivée), utilisation de biocides (car il ne peut pas y avoir d’équilibre biologique en monoculture) et les conséquences qui vont avec : pollutions des nappes phréatiques et du bassin versant, problèmes de santé humaine, perte de qualité de la production, mécanisation souvent importante qui induit un tassement des sols et la disparition de leur porosité biologique donc aggravation des phénomènes de crue et augmentation des phénomènes de sécheresse des sols. Enfin, on mettra aussi l’accent sur le manque de résilience des modèles en monoculture : un souci sur la production met en péril toute l’activité, et à plus grande échelle les territoires sont dépendants d’autres régions ou pays pour l’approvisionnement de produits alimentaires de base pouvant être produits sur place. A cela s’ajoute le dérèglement climatique qui, avec l’intensification de périodes de sécheresse et d’événements pluvieux, impacte lourdement les productions.
Ces deux problématiques conjuguées (monoculture + climat) mettent en péril l’avenir écologique donc économique de notre agriculture locale.

Objectif de la formation
L’objectif de cette formation est que les participants soient en capacité d’envisager l’avenir de leur ferme en répondant aux problématiques de la monoculture et du dérèglement climatique cités ci-dessus. Il s’agit d’assurer la durabilité et la résilience (écologique et économique) de leur système agricole. Pour cela, les participants acquerront des connaissances et certains savoir-faire pour optimiser la fertilité globale et la gestion de l’eau sur leur terrain. Cette maîtrise passe par :
– une compréhension du paysage pour l’aménager efficacement et augmenter ses capacités d’autofertilisation et d’hydratation naturelle
– la mise à profit de plusieurs techniques pour optimiser la productivité des parcelles tout en augmentant leur biodiversité : passer d’une monoculture à une polyculture associant arbres, cultures et/ou animaux sur une même parcelle, agroforesterie et pâturage holistique pour redynamiser les cycles biologiques du sol

Nos formations s’attachent à ce que les participants soient en capacité d’envisager la transition de leur propre ferme : il s’agit pour chacun d’acquérir individuellement les moyens d’amorcer globalement sa propre transition et trouver les voies qui seront les mieux adaptées à leur contexte (pédologique, climatique, social, économique).

PROGRAMME

Jour 1

Matin : Intégrer les bases éthiques de la permaculture et savoir communiquer sur le projet global de son exploitation

  • Les éthiques de la permaculture et comment les utiliser comme base pour organiser le fonctionnement d’un système agricole dans son ensemble, intégrant les activités humaines et agricoles et l’environnement.
  • Appréhender une activité agricole dans sa globalité, créer une cohérence entre tous les éléments (production, stockage, déplacements, réseau d’eau, animaux, etc.) et les articuler ensemble pour gagner en efficacité
  • Identifier les besoins et savoir définir et porter un projet qui combine recherche d’économie énergétique et utilisation des ressources existantes
  • Etude de cas de la ferme accueillant la formation : recherche des synergies à créer pour augmenter l’efficacité de l’activité

Après-midi : Optimiser la fertilité globale d’une ferme grâce à l’ « échelle de la permanence »

  • Connaissance des étapes à suivre pour concevoir efficacement des espaces agricoles afin d’optimiser leur fertilité naturelle : méthode de l’«échelle de la permanence relative» de AP Yeoman, qui sert à la planification du paysage en prenant en compte tous les éléments d’une ferme typique et les considère entre eux pour mieux organiser le paysage
  • Application à la ferme accueillant la formation : identification des différents éléments (climat, forme du paysage, eau, accès, arbres, infrastructures, parcelles, sol) et comment agir sur chacun d’eux de manière à optimiser la fertilité globale

Jour 2

Matin : Optimiser la gestion de l’eau grâce aux principes de base de la planification Keyline

  • Observer un terrain : sa fertilité et la répartition de l’eau dans le paysage. Repérer les zones humides et les zones sèches, les dégâts éventuels
  • Maîtriser les outils de relevés de terrain : lunette de chantier, niveau égyptien, GPS / geoportail.

Après-midi : Optimiser la gestion de l’eau grâce aux principes de base de la planification Keyline

  • Comment mieux répartir les eaux de ruissellement sur un paysage pour augmenter la fertilité de manière homogène sur un terrain et repérer les zones propices à la création des bassins de rétention
  • Modélisation et aménagement du paysage pour créer des structures type terrasses, chemins et plantations en courbe de niveau (« keyline design ») pour guider les flux d’eau dans le paysage et optimiser son infiltration
  • Le matériel spécifique comme la sous soleuse de type Yeomans

Jour 3

Matin : Comprendre la dynamique des sols

  • Cycle du phosphore, cycle de l’azote
  • La faune du sol, son rôle et l’importance des micro-organismes du sol
  • Qu’est-ce qu’un sol vivant et quels techniques adopter pour améliorer les fonctionnalités biologiques de son sol et pour encourager le développement de la vie dans son sol
  • Outils pour suivre l’avancement de la qualité des sols : test d’évaluation visuelle des sols de Graham Shepherd, aperçu de différentes méthodes

Après-midi : Les principes du pâturage holistique : les successions écologiques animales et végétales au service de la fertilité globale des sols

  • Comprendre les cycles d’aggradation des sols
  • Les travaux de Alan Savory sur la régénération de steppes désertiques par les herbivores
  • Savoir combiner les avantages de différents animaux pour améliorer les sols : exemple des travaux de Joel Salatin
  • Observation du terrain et connaître les capacités et conditions pour accueillir différents animaux

Jour 4

Matin : Diversifier une production au service de la résilience du système agricole : planter des arbres fruitiers et des arbres «utiles»

  • Les principes de l’agroforesterie : les pratiques associant arbres, cultures et/ou animaux sur une même parcelle agricole, en bordure ou en plein champ et permet entre autre d’optimiser la captation de la lumière solaire
  • Comprendre l’intérêt d’associer différents végétaux et les étapes à respecter
  • Intégrer des arbres à une production comme source de fertilité, de production et de biodiversité
  • Les critères de choix des espèces et de leur emplacement

Après-midi : Concevoir sur plans l’organisation et l’aménagement global d’une ferme pour optimiser la gestion de l’eau et la fertilité

  • Disposition et interaction des éléments (parcelles, lignes de culture, brises vents, bâtiments, etc.) à l‘échelle de la ferme pour optimiser les flux d’eau et de fertilité, au regard de toutes les thématiques abordées les jours précédents (échelle de permanence, « keyline design », pâturage holistique, agroforesterie…)
  • Exercice de conception sur plans appliqué à la ferme accueillant la formation

Jour 5

Matin : Concevoir l’organisation et l’aménagement global d’une ferme pour optimiser la gestion de l’eau et la fertilité et mettre en application

  • Finalisation des travaux de conception sur plans des participants, présentation et discussions : comment passer de la conception au concret ?

Après-midi : Etre capable d’aménager un paysage

  • Placer concrètement sur le terrain les éléments définis lors de l‘exercice sur plan
  • Exercices de terrain d’aménagements paysagers : traçage de baissières et lignes de plantations en courbe
  • Démonstration à la mini-pelle

Dates : bientôt disponibles

Participation et inscription
Inscriptions en envoyant ce bulletin d’inscription à Émilie Rousselle à e.rousselle@vignesentransition.org
• Pour toute question concernant votre inscription contactez
Emilie ROUSSELLE à e.rousselle@vignesentransition.org
• Pour toute autre question (contenu de la formation, déroulement, etc.) contactez
Pierre-Yves PETIT au 06.51.85.77.62

LieuVILLENEUVE LES CORBIERES (11360)

Coût pédagogique
Financements professionnels : 840 € TTC les 5 jours de formation
Prise en charge à 100% par Vivea.
Financements possibles par votre OPCA (FAFSEA, FONGECIF, Pôle Emploi…).
Financements personnels : nous contacter.

Formateurs :
Pierre-Yves PETIT : Formateur-Consultant indépendant en permaculture. Passionné par le vivant depuis l’enfance. Formé dans les domaines naturalistes et agronomiques. Un temps Agriculteur maraîcher bio et paysagiste, Pierre-Yves œuvre pour davantage de compréhension des modèles naturels et à leur intégration dans le design de nos modes de production. Pierre-Yves est coordonnateur du programme Vignes en transition. https://www.cyclanthere.com

Clément FLEITH : Formateur en permaculture et paysan. Installé sur un terrain de 3,6 hectares dans le lodévois, il y développe son projet de polyculture-élevage (verger, volaille, apiculture, maraichage, vigne, champignon…). Président de l’association Humus Pays d’Oc et co-auteur du film l’Eveil de la Permaculture, Clément est engagé pour permettre à chacun de découvrir et connaître la permaculture, mieux gérer l’eau à l’échelle individuelle et territoriale, et faire part de son expérience.

Pré-requis : Aucune connaissance ni formation préalable n’est nécessaire.
Qui est concerné ?
Cette formation a pour but d’accompagner tout agriculteur-agricultrice, ainsi que les candidat-e-s à l’installation intéressé(e) par l’acquisition de savoir-faire pour améliorer la fertilité et la gestion de l’eau à l’échelle d’une ferme. Pour enrichir les échanges et les savoir-faire, cette formation pourra également accueillir les organisations disposant de foncier ou gestionnaires de territoires (collectivités, CEN, cdl, AFB, département, Région, etc.).

Autres informations utiles
Hébergement possible dans les environs à la charge des stagiaires.
Restauration : repas tiré du panier.

Effectif : entre 12 et 15 personnes maximum.